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En faire plus avec vos rendements : la fiscalité des placements

Depuis le début de l’année, les principaux indices boursiers qui sont suivis par les médias ont dépassé toutes les attentes. Bien malin celui ou celle qui aurait prédit que le S&P/TSX et le S&P 500 afficheraient des rendements qui dépassent 15 % depuis janvier 2021 (au 1er octobre).

À l’inverse, qui aurait cru qu’un certificat de placement garanti (CPG) donnerait un taux « avantageux » inférieur à 1 % ? Après inflation et impôt, le rendement réel sera évidemment négatif.

Beaucoup d’information circule à propos des rendements avant et après frais des différentes classes d’actifs. Mais qu’en est-il du rendement réel après impôts ? Il faut savoir que le véhicule de placement avec lequel vous investissez votre pécule aura une incidence majeure sur votre rendement.

La majorité des Québécois n’ont pas besoin de consulter un planificateur financier pour savoir que leurs investissements dans un REER génèrent des revenus à impôt différé. Les cotisations au REER sont déductibles d’impôt et le revenu accumulé dans le régime (tant que les fonds y demeurent) est exempt d’impôt. Ce n’est qu’au moment où vous décaisserez, généralement à la retraite, que vous paierez de l’impôt, donc sur les retraits.

En ce qui a trait au CELI, les cotisations ne sont pas déductibles d’impôt, mais les retraits ne sont pas imposables. On dit que le contenu du CELI est libre d’impôt à une exception près : lorsque vous détenez des actions étrangères, les dividendes sont généralement assujettis à une retenue à la source (15 % pour les dividendes américains).

Voilà pour les comptes enregistrés. Mais qu’en est-il des placements non enregistrés ? De nombreux Québécois détiennent ce type de placement. Négliger de tenir compte des impacts fiscaux peut entraîner des conséquences importantes sur votre rendement réel.

La fiscalité des placements non enregistrés

Imaginez une personne qui a investi le produit de la vente de sa maison (plus de 500 000 $) dans un fonds commun de placement constitué en fiducie auprès d’une institution financière bien connue. Un important pourcentage du fonds est investi en titres à revenu fixe, ce qui signifie une facture fiscale chaque année. Pourtant, il est possible d’utiliser des produits fiscalement avantageux afin d’éviter une partie de cette dépense. L’impact ne sera pas si important sur un an, mais il le sera sur les 30 prochaines années.

Voyons d’abord les bases de la fiscalité des placements.

Si vous recevez un revenu d’intérêts de 1 000 $, il sera pleinement imposable. En d’autres mots, avec un taux marginal d’imposition (TMI) de 45,71 % pour un revenu imposable de 100 000 $, vous aurez à payer 457,10 $ à nos gouvernements pour ce revenu de 1 000 $. Mais si vous recevez 1 000 $ de gain en capital, seulement 50 % de ce montant sera imposable. L’impôt à payer ne sera donc que de 228,55 $.

Si on vous verse des dividendes déterminés canadiens, vous paierez 296,30 $ en impôt. À noter qu’un calcul doit être effectué pour connaître le TMI dans ce cas-ci, qui diffère selon votre revenu imposable. Votre dividende doit d’abord être majoré de 38 %, mais vous aurez droit à un crédit d’impôt. Les dividendes étrangers ne jouissent pas de cet avantage.

Bref, il est facile de constater que l’idéal est d’éviter, lorsque possible, les revenus versés sous forme d’intérêts ou de dividendes étrangers.

Les solutions

Il n’est pas possible d’éliminer l’impôt sur les revenus des placements non enregistrés, surtout si on veut diversifier le portefeuille, mais on peut le réduire.

Si vous tenez absolument à un portefeuille non enregistré composé de titres garantis à 100 %, tels que des certificats de placement garanti ou des obligations d’épargne, il n’y a pas vraiment de solutions.

Cependant, si votre tolérance au risque vous permet d’opter pour un portefeuille diversifié dont une partie est composée de titres à revenu fixe, donc générant de l’intérêt, vous pouvez adopter certaines stratégies. Par exemple :

  • La portion de votre portefeuille qui génère des intérêts pourrait être investie à l’intérieur du REER ou du CELI afin d’éviter l’imposition annuelle. Et les titres de croissance canadiens, générant du gain en capital, pourraient être réservés au compte non enregistré.
  • Vous pourriez aussi choisir des fonds communs de placement constitués en société. Certains gestionnaires offrent des produits diversifiés qui contiennent une portion de titres à revenu fixe et des actions étrangères. Ce type de placement ne génère que des revenus de dividendes ou du gain en capital.

 Si la fiscalité des placements revêt une grande importance, sachez qu’il faut également tenir compte de votre tolérance au risque, de vos objectifs et de votre horizon temporel (pour combien de temps investissez-vous ?). En d’autres mots, ne tenez pas uniquement compte de la fiscalité pour effectuer vos choix ; ce n’est qu’un élément à considérer parmi d’autres. L’idéal est de consulter votre conseiller en placement ou planificateur financier.

Source : LACASSE, André, Pl. Fin., MBA, En faire plus avec vos rendements : la fiscalité des placements, lesaffaires.com, 15 octobre 2021

Consulter l’article publié par Les Affaire le 15 octobre 2021

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