Lettre financière, automne 2021, 57e édition

Après la demande, la COVID-19 infecte l’offre

Afin de prévenir un effet domino sur l’offre et la demande, l’interventionnisme sans précédent des gouvernements a réussi à soutenir les ménages et les entreprises pour ainsi transformer le choc de la pandémie en éclipse économique.

Par conséquent, la demande domestique demeurera ainsi une bougie d’allumage pour le cycle économique mondial en 2022 et en 2023. En Amérique du Nord, le surplus d’épargne accumulé par les ménages (environ 2,5 billions aux États-Unis et 200 milliards au Canada) contribuera à dynamiser les dépenses de consommation et à absorber l’augmentation des prix des biens et services. Jamais les ménages n’auront été aussi riches pour sortir d’une récession.

La croissance du PIB projetée l’an prochain est de 3,8 % aux États-Unis et de 4,1 % au Canada; une décélération normale qui fait suite à une reprise dynamique depuis le creux du cycle. L’économie canadienne et son marché du travail sont à quelques mètres de leur niveau pré pandémie. Les États-Unis peinent derrière.  

Indices

Niveau

3 mois

6 mois

1 an

S&P/TSX

20 070.25

0.18%

8.75%

28.05%

S&P 500 ($ US)

4 307.54

0.58%

9.18%

29.98%

MSCI Pays émergents ($ US)

1 253.10

-8.03%

-3.32%

18.52%

MSCI Monde ($ US)

3 006.60

-4.11%

7.98%

29.41%

Taux de change $ CAN/$ US

0.79

0.81

0.80

5.04%

Rend. oblig. Canada 2 ans

0.53%

0.45%

0.23%

114.57%

Rend. oblig. Canada 10 ans

1.51%

1.39%

1.56%

168.98%

Pétrole ($ US)

75.03$

73.47$

59.16$

86.55%

Or ($ US)

1 756.95$

1 770.71$

1 707.71$

-6.83%

FACTEURS DE RISQUES 

À première vue, les marchés sont optimistes à l’égard du futur de l’économie. Cependant, plusieurs risques sont à l’horizon, ce qui nous entraine à avoir une perspective plus prudente.

En plus des inquiétudes en ce qui a trait aux évaluations élevées, la propagation du variant Delta confirme que la pandémie n’est pas terminée et que son évolution demeure le principal facteur de risque pouvant affecter nos scénarios économiques.

Les nombreux déséquilibres entre l’offre et la demande, y compris de nouvelles contraintes à la production dues à la pandémie et des problèmes d’approvisionnement, pourraient provoquer une augmentation de l’inflation plus forte que prévue.

Le maintien de politiques monétaires trop expansionnistes ou d’autres mesures budgétaires très agressives pourrait entraîner une poussée beaucoup plus forte des anticipations d’inflation et causer une réaction haussière des taux obligataires. En revanche, un resserrement trop soudain des politiques monétaires pourrait aussi entraîner une réaction négative des marchés.

Voilà beaucoup de facteurs à envisager, et même si nous sommes conscients de ces nuages à l’horizon, nous continuons de mettre l’accent sur le positionnement à long terme.  Nous nous attendons à ce que la rentabilité des entreprises et les économies demeurent solides. Les données mondiales nous démontrent que nous sommes dans une phase largement expansionniste.

REVENUS FIXES

À ce stade-ci du cycle économique et de la gestion de la pandémie, il est justifié que les banques centrales amorcent le processus de réduction de détente monétaire.

Au Canada, la BdC a indiqué en septembre qu’elle hausserait son taux directeur avant de terminer son programme quantitatif. Les économistes au Mouvement Desjardins prévoient une première hausse de 25 pb du taux directeur à 0,50 % à l’été et une deuxième au T4 2022, suivi de trois autres hausses de 0,25 % en 2023.  La réaction du marché obligataire sera à surveiller. Depuis les bas de septembre, le taux des obligations fédérales échéant dans dix ans a augmenté de 39 pb à 1,55 % aux États-Unis et de 24 pb à 1,52 % au Canada. En réaction à cela, le taux 10 ans des obligations canadiennes termineraient l’année à 2.25%.

Même si nous continuons à sous-pondérer les titres à revenus fixes, il nous parait important de continuer à y investir. Ces titres procures des revenus et une diversification avantageuse tout en protégeant le portefeuille en période de volatilité.

INFLATION: TEMPORAIRE, TEMPS PARTIEL OCCASIONNEL, PERMANENT OU PERMANENT À TEMPS PARTIEL?

N’est-ce pas là l’essentiel de la question! Lorsque l’inflation est sortie de ses balises officielles en avril, mai et juin dernier, les banques centrales, les économistes et les investisseurs l’ont déclaré temporaire. Après tout, les données du printemps 2021 étaient comparées à celles du creux déflationniste de 2020. Mais voilà que les forces cycliques (pénurie de pièces électroniques et de conteneurs, chaînes d’approvisionnement, hausse du coût des intrants, de production et de livraison, augmentation du prix des matières premières…) et structurelles (pénurie de main-d’œuvre, hausse des salaires) continuent de stimuler la croissance de l’inflation au-delà de sa limite de vitesse. D’ailleurs, selon les prévisions de la BdC., elle s’attend à ce que l’IPC culmine à 3,0 % en 2021 et 2,4 % en 2022. Les banques centrales pourraient sous-estimer l’inflation et devoir réviser à la hausse leurs prévisions. Si tel était le cas, elles pourraient devancer de quelques mois la première hausse du taux directeur. Pour le moment, la Fed, et la BdC sont confiantes de voir le rythme de croissance des prix ralentir. À suivre…

DEVISES

Le dollar canadien a chuté de 4% depuis le mois de juin.  Toutefois, le bilan impressionnant du Canada en matière de vaccination, un marché du travail en effervescence, une augmentation des taux plus tôt que de nombreux autres pays développés, des investissements massifs au niveau des infrastructures sont tous des facteurs qui seront bénéfiques au huard en 2022. Celui-ci pourrait s’échanger à près de 1.2$ par dollar américain versus actuellement à 1.25$. Le déclin du dollar américain devrait être particulièrement utile pour les devises cycliques qui profitent des hausses des prix des marchandises et de la reprise de l’économie mondiale.

STRATÉGIES DE PORTEFFEUILLES

Dans un horizon où une récession est difficilement envisageable d’ici 12 à 24 mois, les allocateurs d’actifs auront avantage à favoriser l’exposition aux actions plutôt qu’aux obligations. Qui plus est, une remontée attendue des taux d’intérêt, telle que vécue au premier trimestre, pourrait s’avérer temporairement contraignante pour les styles et marchés davantage croissance. Ainsi, sur un horizon de 3 à 6 mois, dans un contexte de hausse de taux, les secteurs financiers, industriels et des métaux de base pourraient bien faire, supportant du coup une surperformance du style valeur ainsi que du marché canadien.

Au bout du compte, nous continuons à privilégier les actions. Il est pratiquement impossible de prévoir à quand la prochaine correction et son ampleur. Toute faiblesse du marché, constitue des occasions d’achat compte tenu du contexte économique solide. Au début du mois de septembre, nous avons rééquilibré les portefeuilles sur nos cibles et ainsi pu y dégager des liquidités.

Tactiquement, la stratégie d’investissement surpondère les actions et l’encaisse et sous-pondère les titres à revenu fixe et la durée.

Alors que nous entrons dans le milieu du cycle de cette reprise économique, comme gestionnaire de portefeuilles nous privilégions les sociétés de qualités qui sont axées sur les bénéfices et à dividendes croissants. De leur côté, la priorité des investisseurs est d’établir une bonne répartition d’actif en fonction de leur situation personnelle, financière, tolérance au risque et leur horizon de placement.

CONCLUSION

Nous espérons que ces informations vous aideront à mieux comprendre les marchés et nous demeurons à votre entière disposition pour discuter plus longuement de nos stratégies d’investissement. Nous vous réitérons notre engagement à travailler toujours plus fort pour dénicher les bonnes occasions qu’offrent les marchés financiers, de manière à vous aider à réaliser vos objectifs à long terme.

Chacun des conseillers de Valeurs mobilières Desjardins (VMD) dont le nom est publié en page frontispice du présent document ou au début de toute rubrique de ce même document atteste par la présente que les recommandations et les opinions exprimées aux présentes reflètent avec exactitude les points de vue personnels des conseillers à l’égard de la société et des titres faisant l’objet du présent document ainsi que de toute autre société ou tout autre titre mentionné au sein du présent document dont le conseiller suit l’évolution. Il est possible que VMD ait déjà publié des opinions différentes ou même contraires à ce qui est ici exprimé. Ces opinions sont le reflet des différents points de vue, hypothèses et méthodes d’analyse des conseillers qui les ont rédigées. Avant de prendre une décision de placement fondée sur les recommandations fournies au présent document, il est conseillé au receveur du document d’évaluer dans quelle mesure celles-ci lui conviennent, au regard de sa situation financière personnelle ainsi que de ses objectifs et besoins de placement.

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