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Lettre financière, Janvier 2016

« Sept années se sont écoulées depuis la crise financière mondiale de 2007-2009 et la croissance demeure décevante dans de nombreuses économies avancées1. » Les économistes sont à court d’arguments pour expliquer le manque de robustesse et de synchronisme de l’économie mondiale, après avoir dû maintes fois revoir leurs prévisions à la baisse.

Les années se suivent et se ressemblent, et 2016 n’échappera pas à la tendance. « En dépit de différences considérables dans les perspectives de chaque pays, la révision à la baisse des taux de croissance attendus à court terme, quoique légère, est presque généralisée1. » La reprise est plus avancée aux États-Unis et au Royaume-Uni, mais incertaine dans les pays émergents, au Japon et au Canada. Les perspectives sont prometteuses dans la zone euro, mais la cadence sera modérée, si on en juge par les cycles passés.

Cette faiblesse persistante de l’économie mondiale fait couler beaucoup d’encre. Est-ce la nouvelle norme ? Est-elle le résultat d’une insuffisance structurelle de la demande découlant d’une contraction du taux d’endettement des ménages – ailleurs qu’au Canada – et des administrations publiques qui seraient à l’origine d’une baisse de la production potentielle ? Est-ce un choc de l’offre créé par des facteurs démographiques et technologiques ? L’assainissement du bilan des institutions financières a-t-il créé une « trappe à liquidités » ? La timidité de la reprise serait-elle plutôt le fruit d’un amalgame de variables cycliques cumulées depuis les lendemains de la crise financière ? Pour les économistes Lawrence Summers et Paul Krugman, l’explication réside plutôt dans la stagnation des économies, c’est-à-dire une insuffisance endémique et structurelle de la demande.

Si la première hausse du taux directeur n’est pas annonciatrice d’une fin de cycle économique et boursier, elle pourrait cependant inquiéter des investisseurs qui se sont habitués depuis longtemps à une politique monétaire ultra expansionniste. La dernière hausse du taux directeur datait en effet de neuf ans et demi, et aucune banque centrale n’a encore tenté de normaliser sa politique monétaire à partir de 0 %. D’où l’importance de faire preuve d’une prudence temporelle dans la répartition tactique des actifs.

En 2016, divers phénomènes teinteront les perspectives des investisseurs, à commencer par l’asynchronisme économique et monétaire. La normalisation monétaire aux États-Unis gardera les investisseurs sur le qui-vive, et ce, même si les conditions monétaires demeureront souples tant aux États-Unis qu’en Europe (à l’exclusion du Royaume-Uni), au Japon, au Canada, en Australie et en Chine. Le réajustement de l’économie mondiale se fera au profit d’une reprise graduelle des pays émergents et d’une croissance continue dans les pays avancés. Pour 2016, nos principales sources d’inquiétude sont la Chine – virage vers une économie de services, décélération de l’ancienne économie, dévaluation anticipée du yuan, plan de relance et plan de restructuration –, les décisions de la Fed, le prix des ressources et les flux de capitaux internationaux (dont un revirement plomberait les Bourses des pays émergents). Une gestion active de la répartition entre les actifs, les pays, les secteurs, les styles, la taille des entreprises, les échéances, les émetteurs et la durée est à envisager dans le contexte actuel. La sous-pondération d’une catégorie d’actifs par rapport à la cible peut être optimisée à l’aide des autres leviers de gestion.

Après avoir traversé plus de vingt fois la frontière entre les gains et les pertes, le S&P 500 est finalement parvenu à clôturer l’année en territoire positif… mais à seulement 1,37 %. Même le marché obligataire a mieux performé ! Outre les perturbations des mois d’août et septembre, le S&P 500 s’est négocié dans une fourchette étroite de plus ou moins 4,5 %. Après une dizaine d’années de taux d’intérêt à la baisse et sept années à zéro, la page est maintenant tournée. Alors que la Réserve fédérale américaine vient d’amorcer la normalisation de sa politique monétaire, la débâcle appréhendée dans le marché obligataire ne s’est pas produite (ou pas encore ?). Clairement, Janet Yellen fait preuve d’un doigté auquel Ben Bernanke n’aurait pu que rêver ! Si les taux ont peu bougé, le dollar américain, lui, s’est envolé par rapport à la plupart des autres devises, et les victimes de la force de cette devise sont nombreuses : pays émergents, produits de base, profits étrangers de sociétés américaines, etc.

En résumé, bien que les Bourses subissent une baisse importante en ce début d’année, nous continuons de croire que les mauvaises nouvelles chinoises, qui font actuellement trembler ces marchés pour de multiples raisons connues et méconnues, seront vite dépassées par les bonnes nouvelles économiques qui nous arriveront de nos voisins du Sud. En ce sens, nous sommes d’avis que les marchés boursiers mondiaux, et particulièrement ceux des États-Unis et d’Europe, devraient connaître un fort rebond à très court terme (dans quelques semaines ou quelques mois). Comme nous avons investi une grande majorité des actifs de notre clientèle de façon très conservatrice, particulièrement depuis l’automne 2015 (ce qui était d’ailleurs un excellent choix, compte tenu de ce qui afflige depuis ce temps les divers marchés boursiers), nous croyons qu’il sera bientôt temps de faire profiter nos clients de la hausse à venir. Nous prévoyons aussi une année en dents de scie, car, après cette hausse (qui devrait durer jusqu’en juin), certains résultats pourraient ramener une volatilité importante dans les marchés, ce qui pourrait nous obliger à prendre des profits et à renouer avec des placements conservateurs pendant un certain temps encore. Bref, comme vous pouvez le constater, 2016 sera une année au cours de laquelle la vigilance et les stratégies de votre équipe de conseillers seront très importantes pour réussir à dégager des profits intéressants dans un contexte d’incertitude et de haute volatilité.

Le prix du pétrole, qui ne cesse de tomber, nuira fortement à l’économie canadienne. Voilà pourquoi nous n’avons nullement l’intention d’investir de façon notable dans cette ressource. Selon nous, le pétrole pourrait atteindre un bas dans les prochains jours (aux alentours de 25 à 28 $) avant de reprendre une longue route à la hausse, mais de façon très graduelle. À cet égard, nous entrevoyons un prix du baril de pétrole aux alentours de 45 $ d’ici la fin de l’année 2016, et la hausse soutenue se produira davantage l’automne prochain. Par contre, nous nous tenons encore loin des différentes pétrolières canadiennes, qui représenteront effectivement de belles occasions d’achat sur le long terme, mais qui peuvent être encore fort risquées dans les circonstances actuelles.

Notre devise demeurera faible tout au long de l’année 2016 et pourrait même descendre à 0,65 $ US pendant quelque temps, car nos taux directeurs pourraient subir une autre baisse       – faiblesse de notre économie oblige ! Cependant, selon nos analyses et dans les circonstances mentionnées précédemment (hausse du pétrole à partir du troisième ou du quatrième trimestre), notre dollar devrait terminer l’année aux alentours de 0,73 $ US.

Chacun des conseillers de Valeurs mobilières Desjardins (VMD) dont le nom est publié en page frontispice du présent document ou au début de toute rubrique de ce même document atteste par la présente que les recommandations et les opinions exprimées aux présentes reflètent avec exactitude les points de vue personnels des conseillers à l’égard de la société et des titres faisant l’objet du présent document ainsi que de toute autre société ou tout autre titre mentionné au sein du présent document dont le conseiller suit l’évolution. Il est possible que VMD ait déjà publié des opinions différentes ou même contraires à ce qui est ici exprimé. Ces opinions sont le reflet des différents points de vue, hypothèses et méthodes d’analyse des conseillers qui les ont rédigées. Avant de prendre une décision de placement fondée sur les recommandations fournies au présent document, il est conseillé au receveur du document d’évaluer dans quelle mesure celles-ci lui conviennent, au regard de sa situation financière personnelle ainsi que de ses objectifs et besoins de placement.

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