L’événement le plus marquant du troisième trimestre de 2024 s’est certainement déroulé le 18 septembre dernier, lorsque la Réserve fédérale américaine (FED) a finalement décidé d’emboîter le pas à la Banque du Canada (BdC) en assouplissant sa politique monétaire via une réduction de 50 points de base de son taux directeur. À l’aube de cette décision déterminante, la perception du marché était que les banquiers centraux faisaient face à un dilemme : relâcher légèrement la pression monétaire en diminuant les taux d’intérêt de 25 pbs ou opter pour une baisse plus audacieuse de 50 pbs afin d’éviter une récession.
Le compte rendu de réunion publié à la suite de l’annonce a démontré que les responsables de la FED étaient incertains quant à l’ampleur des baisses de taux d’intérêt. Ils ont finalement choisi une réduction d’un demi-point pour établir un équilibre entre la confiance dans la lutte contre l’inflation et les inquiétudes relatives au marché du travail. La Fed a noté que la diminution de 50 pbs ne devait pas être interprétée comme la preuve de perspectives économiques moins favorables ou comme un signal que le rythme de l’assouplissement de la politique serait plus rapide que l’évaluation par les participants de la trajectoire appropriée. En outre, presque tous les membres ont dit avoir confiance que l’inflation se dirigeait durablement vers la cible de 2 %.
Les objectifs du double mandat de la FED, à savoir la stabilité des prix et la création d’un maximum d’emplois, semblent avoir convergé dernièrement, ce qui suggère que la politique monétaire nécessite d’être neutre, c’est-à-dire qu’elle ne devrait ni freiner ni stimuler l’activité économique. Reste à déterminer la vitesse à laquelle les taux vont être réduits et, surtout, l’ampleur des baisses qui pourraient être effectuées lors des prochaines décisions (7 novembre et 18 décembre) de la FED. Au cours du dernier trimestre, la création d’emplois a augmenté au rythme le plus lent depuis 2020, et le nombre de postes vacants a grandement diminué. De plus, la mesure préférée de la FED pour évaluer les prix à la consommation tourne autour de 2,5 %, tandis que l’inflation des salaires s’est modérée à moins de 4 %.
À ce stade, le plus important n’est pas de bien estimer la cadence de l’assouplissement, mais plutôt la destination. Il s’agit de déterminer si les risques pour l’économie l’emportent sur les risques d’inflation. La FED vise un rare atterrissage en douceur de l'économie, mais les investisseurs doivent jongler avec différents éléments : les craintes qu’une réduction trop audacieuse ait un effet stimulant, et l’inquiétude qu’une telle réduction signale au contraire au marché que l’économie américaine approche de son point pivot.
La réponse diffère d’une catégorie d’actifs financiers à l’autre, car les probabilités de récession ne sont pas les mêmes. Les évaluations des actions et les obligations semblent toutes deux être évaluées avec grande conviction, mais elles vont dans des directions opposées. Les actions sont entraînées par une croissance des bénéfices, sans perturbation majeure du marché du travail et de la consommation, alors que les obligations suggèrent qu’une récession est imminente et laissent sous-entendre que la FED est en retard.
Il est difficile d’évaluer qui finira par avoir raison. Historiquement, il s’écoule généralement environ 12 mois entre le moment où la FED commence à réduire ses taux et la fin d’une récession. Le fait est que la politique monétaire fonctionne avec des décalages longs et variables, à la hausse et à la baisse. Les banquiers centraux veulent s’assurer qu’ils ont vaincu l’inflation. Ils ne veulent absolument pas répéter les erreurs commises par Arthur Burns dans les années 1970. L’histoire montre que les baisses de taux en elles-mêmes ne sont pas l’ennemi ; c’est le contexte économique dans lequel elles interviennent qui doit retenir l’attention. À court terme, les investisseurs doivent marcher sur la corde raide entre les encouragements de la baisse des taux et les craintes de récession. Saupoudrons le tout d’une situation politique incertaine, et les cartes sont bien brouillées.
Pour la grande majorité des gens, la meilleure stratégie consiste à investir de manière régulière et rester investi en tout temps. C’est en essayant d’être plus futé que le marché que l’on finit par être son pire ennemi. Peu importe l’humeur du marché et ce que l’avenir nous réserve, il faut se fier sur un portefeuille durable, voire diversifié, et non sur les prédictions, parce qu’elles ne se réaliseront peut-être jamais.
Au moment d’écrire ces lignes, les citoyens américains seront convoqués aux urnes. Quelle influence un tel événement peut-il avoir sur les marchés boursiers ?
Contrairement à ce que l’on pourrait croire en étudiant les discours et les plateformes électorales, c’est sous les présidents démocrates que les marchés boursiers enregistrent généralement leurs meilleurs rendements. Depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale, le rendement annuel moyen de l’indice S&P 500 serait plus de 4 % plus élevé sous un président démocrate que sous un président républicain. Cependant, il convient de noter qu’à plus court terme, à la fin du premier mandat, le rendement moyen de la bourse serait virtuellement le même sous les deux partis.
Plusieurs facteurs autres que le président en place pourraient évidemment expliquer le comportement des marchés. L’un de ceux auxquels on pense le moins est le contrôle des deux composantes du Congrès américain, soit la Chambre des représentants et le Sénat. À ce chapitre, les marchés semblent clairs : ils préfèrent que le pouvoir législatif du Congrès et le pouvoir exécutif de la présidence ne soient pas entièrement entre les mains du même parti, ce qui évite l’adoption de mesures trop radicales. Comme on peut le voir ci-contre, par le passé, les meilleurs rendements ont été obtenus lorsque le président était démocrate et que le Congrès était républicain. Et sous un président républicain, les résultats sont généralement meilleurs quand le Congrès est divisé. Le volet sénatorial des élections du 5 novembre pourrait donc mériter une attention particulière.
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