Réflexion quatrième trimestre 2023

Le monde dans lequel nous vivons prend un malin plaisir à nous démontrer que rien n’est jamais acquis et qu’il est périlleux de chercher à prédire l’avenir à court terme. Au début de 2022, le thème dominant était le maintien quasi éternel des taux d’intérêt à un bas niveau. Le gouverneur de la Banque du Canada disait d’ailleurs que les Canadiennes et Canadiens souhaitant acheter une propriété pouvaient le faire sans craindre une remontée imminente des taux d’intérêt. En septembre et octobre 2023, ce thème n’était déjà plus le même : il annonçait plutôt une nouvelle période de taux plus élevés, et ce, pour très, très longtemps. Puis, M. Powell, grand patron de la Réserve fédérale américaine (Fed), n’a eu qu’à prononcer quelques mots en décembre dernier pour que les principaux scénarios de taux soient revus à la baisse.

Voici un autre exemple de la manière dont le vent peut tourner abruptement : à l’aube de 2023, on prédisait une récession assurément imminente… si proche que l’attente s’avérait interminable ! Sans cesse reportée, cette récession semble maintenant s’éloigner peu à peu de nos esprits. Elle est même disparue de bien des radars de nombreux économistes ou prévisionnistes. Un contexte aussi changeant peut susciter beaucoup d’interrogations chez l’investisseur, d’où l’importance d’avoir un plan rigoureux ayant fait ses preuves pendant bien des cycles économiques. Les fondements d’un plan efficace et résilient demeurent les mêmes : ne pas tenter de synchroniser le marché et demeurer investi en tout temps, indépendamment des aléas des marchés. Bien entendu, un plan durable se doit de prendre en compte votre tolérance à la volatilité.

Heureusement, en cette fin d’année 2023, l’inflation excédentaire se résorbe. Le déséquilibre entre l’offre et la demande s’estompe dans de nombreux pays, la demande de main-d’œuvre excédentaire a été largement comblée, et la politique monétaire continue de faire son œuvre en raison de ses effets décalés. Le printemps 2024 marquera le deuxième anniversaire du début des hausses de taux en Amérique du Nord, ce qui laisse croire que les effets du resserrement seront ressentis à leur maximum tout au long de l’année. Le travail nécessaire pour ramener l’inflation à 2 % sera encore long et ardu du fait de la croissance des salaires et, dans certains cas, comme au Canada, des conséquences de l’important manque de logements sur la croissance des prix de cette composante. Toutefois, les progrès constants réalisés devraient donner suffisamment de confiance aux banques centrales pour qu’elles commencent à assouplir leur politique monétaire (diminuer les taux) plus tard en 2024.

Malheureusement, la situation demeurera pénible pour les ménages et les entreprises. La stagnation des dépenses de consommation observée pendant une bonne partie de 2023 s’expliquait entre autres par la nécessité, pour les titulaires d’un prêt hypothécaire, d’économiser davantage en vue de leur renouvellement. Étant donné que la moitié des emprunteurs environ n’ont toujours pas effectué ce renouvellement, ces pressions seront toujours présentes en 2024. Les entreprises voient s’approcher la nouvelle année avec de grandes appréhensions, puisque la demande faiblit et que les coûts salariaux continuent d’augmenter. Comme on le constate lors de telles phases du cycle économique, les investissements des entreprises en souffriront.

Comme toute chose en ce monde, les marchés et l’économie sont ponctués d’impondérables qui viennent bousculer nos certitudes et nos anticipations. Cependant, nous pouvons analyser les scénarios escomptés par les investisseurs selon leur positionnement et l’évaluation des marchés. Si l’on observe aujourd’hui un optimisme démesuré – voire de l’euphorie – dans certains segments boursiers surévalués, on constate l’inverse dans d’autres.

L’année 2024 nous réserve assurément des surprises : les mauvaises auront une incidence plus modérée là où elles sont déjà attendues, mais elles ébranleront davantage les segments de marché qui s’estiment invincibles. Dans cette optique, nous procéderons à un rééquilibrage afin de ramener des titres surévalués vers des titres ayant moins bien performés, mais avec des belles perspectives à plus long terme, ce qui donnera aux portefeuilles un penchant plus défensif.

En ce qui concerne les titres à revenu fixe, la bonne nouvelle est que la disette d’une quinzaine d’années des rendements obligataires semble maintenant derrière nous. Les taux nuls ou quasi nuls constituaient une anomalie en réponse à la grande crise financière de 2008. Aujourd’hui, nous avons renoué avec une certaine normalité, même si la courbe de taux est encore inversée (taux à court terme plus élevé que celui à long terme).

Rappelons-nous que, au début de 2022, nos attentes de rendement à long terme pour un portefeuille équilibré étaient diminuées à cause des taux d’intérêt très bas, d’une capacité limitée de protection du marché obligataire ainsi que d’une évaluation des actions supérieure aux moyennes historiques. Depuis, la lutte à l’inflation et la remontée des taux ont non seulement permis de rétablir le rendement courant du marché obligataire, mais aussi de restaurer la capacité de protection des obligations, ce qui importe peut-être encore plus. Si l’économie devait fléchir plus que prévu ou si les bourses devaient subir des soubresauts plus importants, l’exposition obligataire devrait pouvoir compenser en partie ces pressions. Après trois années difficiles pour le marché obligataire, celui-ci redevient attrayant.

N’hésitez pas à communiquer avec un membre de l’équipe GGL pour de plus amples renseignements.

Rappel

CELI 2024

Les droits de cette année s’établissent à 7 000 $.

REER

Cotisation 2023 – Vous avez jusqu’au 29 février 2024 pour cotiser à votre REER pour l’année 2023 : 18 % du revenu de 2022, montant maximal de 30 780 $.

Cotisation 2024 : 18 % du revenu de 2023, montant maximal de 31 560 $.

CELIAPP

Nouvel outil depuis 2023. Vous pouvez y cotiser jusqu’à 8 000 $ annuellement à partir du moment de l’ouverture du compte. Pour les premiers acheteurs d’une résidence principale. Certaines règles s’appliquent.

REEE (Régime enregistré d’épargne-études)

Une cotisation de 2 500 $ par année permet de maximiser les subventions gouvernementales. Certaines règles s’appliquent.

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